VMworld 08 a été difficile à digérer tant il y a eu de nouveautés annoncées. Lors du Virtualization Forum qui s'est tenu il y a quelques jours au Carrousel du Louvre, j'ai profité de la présence du Directeur Technique de VMware, Sylvain Siou pour faire le point sur quelques technos (sous la forme d'une mini explication sur paperboard, d'où le nom "coin de table") : les clones liés (linked clones), la fonction Fault Tolérance, qui devrait faire partie de la prochaine version de ESX l'an prochain, et les commutateurs virtuels, fonctionnalité développée conjointement avec Cisco. Je commence par la première, les clones liés, bien qu'elle ne soit pas complètement nouvelle (VMware en avait parlé déjà à Cannes, lors de VMworld Europe en février dernier). Sorte de déduplication de machine virtuelle, cette fonctionnalité permet de faire gagner considérablement en espace de stockage. Cela peut avoir un intérêt fort dans le cas des déploiements VDI, les machines virtuelles (postes de travail virtuels) d'un parc ayant souvent beaucoup de similitudes.
On le sait, VDI ne connaît pas encore l'engouement espéré par les fournisseurs, et l'une des raisons reste la (mauvaise) expérience utilisateur : ce dernier ne veut pas être freiné dans sa productivité par un mauvais affichage de son environnement, malheureusement fréquent avec les solutions actuelles, notamment parce que le protocole standard utilisé (RDP) montre ses limites quand il s'agit d'afficher des images ou de la vidéo. Bien entendu, c'est sur ce point que les acteurs de ce nouveau marché travaillent d'arrache-pied. Chacun y va de sa méthode. Parmi les approches évoquées, Citrix travaille sur le projet Apollo (montré lors de Citrix Synergy à Houston en Mai dernier),qui s'appuie sur le principe d'un processeur graphique sur le poste distant pour améliorer l'affichage des applications lourdes. En passant, cette technologie ressemble fortement à celle de Calista Technologies qui a été rachetée par Microsoft justement pour développer la relève de RDP. Calista utilise aussi un GPU distant, mais virtuel.
De son côté, VMware a annoncé avoir passé un accord avec la société canadienne Teradici (avant de l'acheter ?) qui propose un protocole PCoIP capable de gérer la compression et le chiffrement des données. Un autre composant de sa solution Tera Image Engine accélère les traitements pour pouvoir assurer le transfert de données de volume important à distance. En pratique, il semble que cela fonctionne comme une solution d'accélération WAN de type Riverbed. Enfin, nous vous en avions parlé il y a quelques semaines, Red Hat mettait en avant la technologie Spice de Qumranet, récemment acquis par l'éditeur. Ci dessous, trois vidéos apportant plus d'infos sur ces trois idées. D'ici quelques mois, le VDI ne devrait plus ressembler à ce qu'il est aujourd'hui.
Citrix APOLLO (démo filmée sur Citrix Synergy à Houston en Mai dernier), qui montre comment Vista tourne sur un client léger
Un peu plus sur Teradici avec Sylvain Siou, Directeur Technique de VMware
et comment Teradici s'intègre dans la stratégie VMware, avec Réza Malekzadeh, Directeur Marketing Europe VMware (keynote du Virtualization Forum 08 au Carrousel du Louvre). Désolée pour l'image instable ...
J'entends déjà les fournisseurs me dire : VDI ? Incontournable. Bien sûr que si ! Certes, VDI (pour Virtualization Desktop Infrastructure) a plus d'un atout dans son sac. En centralisant des postes clients sur des serveurs, VDI engendre une meilleure administration, une meilleure gestion d'énergie, une meilleure sécurité, une meilleur contrôle, et cerise sur le gâteau est totalement en phase avec le Green IT. Tout y est pour en faire une technologie d'avenir. Et pourtant, un communiqué du Gartner reçu il y a deux jours m'a fait réfléchir. Ce communiqué annonce l'habituel classement des "10 technologies à suivre" dans les années à venir, et outre le cloud computing et le Green IT, la virtualisation en fait évidemment partie. Certes Gartner, comme la plupart des cabinet d'expertise, enfoncent des portes ouvertes. Mais une phrase dans le communiqué, au rayon virtualisation, mérite toute attention :
"Hosted virtual images deliver a near-identical result to blade-based PCs. But, instead of the motherboard function being located in the data center as hardware, it is located there as a virtual machine bubble. However, despite ambitious deployment plans from many organizations, deployments of hosted virtual desktop capabilities will be adopted by fewer than 40 percent of target users by 2010."
40 % ! Ce que le Gartner ne dit pas, c'est si ces chiffres sont mirobolants pour un marché à peine naissant ou faibles, compte tenu du discours des fournisseurs clamant à tue-tête que le poste de travail virtuel remplacera les PCs, et que tout le monde y viendra. Si je n'ai pas de réponse ferme à ces questions, je vous livre quand même mon ressenti sur le sujet. Voilà plus de six mois que je questionne les DSI sur ce sujet. Et pour tout avouer, très peu y semblent déjà, et quand c'est le cas, restent très hésitants quant à la méthode à utiliser pour y arriver. Dans la catégorie de ceux qui y réfléchissent, la plupart ont monté des maquettes. Très peu sont en production. Les raisons invoquées ? Changement culturel trop brusque pour l'utilisateur final (il n'a plus SON propre PC), coût (il faut remplacer les machines), mais surtout, expérience utilisateur réduite. Jusque là, les solutions s'appuient toutes sur le protocole standar RDP, très mauvais quand il s'agit de déporter des images, des présentations vidéos, et je ne parle pas de Vista. Heureusement, les acteurs du VDI travaillent dur pour offrir mieux aux clients. La question reste donc : cela va-t-il suffire pour convaincre en masse ?
Lors des Microsoft Days "Spécial Lancements" qui se sont tenus à la Porte Maillot jeudi dernier, et en marge des annonces officielles de Steve Ballmer, s'est déroulé un micro-salon dédié à la virtualisation. Pas d'annonce fracassante cette fois-ci (on ne peut pas en faire tous les mois), même si Microsoft était content d'annoncer la disponibilité (prévue) de Hyper-V Server (version light de hyper-V) J'ai eu l'occasion par contre de rencontrer Zen Adam, Senior Director Microsoft Virtualization chez Microsoft, qui est revenu sur la stratégie de l'éditeur, et sur l'annonce du cloud computing de la veille à Londres par Ballmer. Résultat : Microsoft est d'une confiance absolue quant au succès de hyper-v, et reste persuadé que VMware a du souci à se faire à l'avenir...La méthode Coué, ça marche aussi avec les hyperviseurs.
Quelle est la stratégie de Microsoft aujourd'hui ?
Notre stratégie n'a pas changé. Nous voulons couvrir la virtualisation de bout en bout, depuis le poste de travail jusqu'au datacenter, en passant par les applications. Et nous avons un outil d'administration performant. Qu'est ce qui vous différentie des autres, notamment de VMware ?
Deux choses : le prix et la réduction de la complexité. Notre offre est imbattable au niveau du prix (voir capture), et notre offre est complète, et ne nécessite pas de s'appuyer sur des offres de fournisseurs tiers pour la sauvegarde (nous avons DPM) ou l'administration. Cette simplicité à bas coût nous donne clairement l'avantage. En prime, nous avons déjà la capacité de fournir l'automatisation (automation), avec PRO Pack (proposée par Dell notamment), alors que ce n'est pas encore disponible chez VMware.
La virtualisation n'est déployée qu'à 5% dans le monde. Croyez vous que certains retardataires attendaient l'offre de Microsoft pour se lancer ?
Ce n'est pas ce que nous avons constaté. Certains clients ont virtualisé leurs serveurs car ils avaient besoin de le faire. Mais ils n'ont pas tout virtualisé, car cela devenait trop coûteux. Nous pensons que bientôt, certains utilisateurs de VMware utiliseront aussi hyper-v, et combineront les deux technologies. Nous sommes de plus capables d'administrer à la fois les serveurs virtuels ESx et les serveurs virtuels hyper-v. Nous parions sur le choix naturel des clients. Il y en a beaucoup qui utilisent windows. Selon les derniers chiffres de IDC, il y aurait 6 millions de serveurs windows. C'est bien plus que ce que la virtualisation a fait en dix ans ! 80 % des utilisateurs de ESX de VMware font tourner des serveurs windows dans leurs machines virtuelles. hyper-v est inclus dans windows server 2008 et notre outil d'administration est capable d'administer à la fois les machines virtuelles ESX et Hyper-V, et bientôt Xen.
Certains critiquent le manque de fonctionnalités qui ont fait le succès de VMware.Que répondez vous ?
HA ? La haute disponibilité fait partie de Windows. VMotion ? Notre LiveMigration n'est pas encore là, mais dans certains cas Quick Migration est largement suffisant. Et les partenaires ? Tout le monde est avec nous ! Il n'y a qu'à regarder les annonces de ces dernières semaines. Netapp, HP, Dell, et de nombreux autres ont annoncé leur compatibilité avec hyper-v. Concrètement, je n'aimerais pas être à la place de VMware aujourd'hui. C'est une société qui a lancé la virtualisation sur x86, mais aujourd'hui, elle est coincée par son modèle.
Et la vision OS de VMware ? Vous allez aussi vers le cloud computing il me semble.
Nous avons aussi annoncé il y a deux jours notre vision dans le cloud computing. VMware, dans ce domaine, va devoir combattre Amazon, Google, même Intel. Pour nous, c'est extrêmement stratégique. POur VMware, c'est difficile de bâtir un OS. Nous sommes fournisseurs d'OS depuis longtemps, nous en savons quelquechose.
En prime, une petite vidéo de Zen Adam, démontrant pourquoi Microsoft est moins cher que VMware. Et aussi une slide avec le détail du calcul à la sauce Microsoft qui tente de prouver que utiliser la virtualisation chez Microsoft, est beaucoup moins cher que d'utiliser celle de VMware.
Hier soir l'ambiance était plutôt électrique sur la terrasse du Ghost bar du Palm's in Las Vegas. Aaraon Andrews, Directeur Distributed Servers Windows, chez First American Corporation, une entreprise financière, était de suffisamment de bonne humeur pour nous faire partager son expérience de la virtualisation, et son opinion sur les annonces de VMware d'hier. Lui, a déjà la tête dans les nuages, avec ses 18 000 machines virtuelles installées. Pour le background, il a d'abord choisi Xen, puis a switché vers VMware, surtout pour des raisons de support. Xen continue de tourner dans son infrastructure, même si la plupart de ses serveurs sont virtualisés sous ESX. Question poste de travail, notre homme ne semblait pas emballé par VDI et a finalement avoué qu'il utilisait Citrix pour le moment. L'interview vidéo a été réalisée avec le matériel et lla complicité de Toon Vanagt, de virtualization.info (si si je suis là) La nuit tombant, on finit par ne plus le voir, mais ses propos valent le détour. Et Las Vegas oblige, "ladies and gentlemen place your bets". Ce curieux personnage a parié avec un executive de chez Nec que Microsoft rachèterait bien Citrix d'ici vendredi ...(quand je vous disais que c'était la rumeur ...)
Cela tient plus d'une rumeur de potache que d'une véritable info. Mais à VMworld, certains s'amusent à faire courir la rumeur que Microsoft s'apprête à annoncer le rachat de Citrix ...ce vendredi. Au delà du buzz d'une telle annonce, on peut tout de même se poser la question. Lors des Techs Days de Microsoft au printemps dernier, et ensuite lors du Citrix Synergy 08 à Houston, j'avais plusieurs fois posé la question : dans la mesure où Microsoft s'appuie largement sur certaines technologies de Citrix, et en même temps est en compétition sur d'autres technologies (hyper-v face à Xen), Microsoft n'aurait-il pas intérêt à avaler Citrix ? Evidemment, si le rachat se présentait réellement, il semble évident que Microsoft se débarrasserait de Xen, pour donner profit à hyper_v, qui rappelons le a un "code génétique" commun à Xen. Ainsi, Xen, déjà supporté par beaucoup d'acteurs du marché (serveurs, stockage etc...), serait un beau gâchis. A moins que Novell, qui clame détenir la solution de virtualisation à base Xen la plus intéressante du marché, ne soit intéressé pour aller fouiller dans les poubelles de Microsoft. Bon, restons réalistes; Pour l'instant, Microsoft s'en tient à son discours habituel : partenaires de citrix et puis c'est tout.
On le sait. Le concept de poste de travail virtuel est encore boudé par les entreprises. Dans une grande majorité des cas, c'est aussi parce que le protocole utilisé pour connecter les clients au serveur a encore de grandes faiblesses et rend l'expérience utilisateur difficile. De fait, quelques uns des acteurs impliqués dans le VDI, recherchent Red Hat va bénéficier de la technologie Spice de Qumrnet racheté la semaine dernière et Citrix a en tête une solution au problème qui porte encore le nom de Project APOLLO. VMware, jusque là, cherchait aussi une solution. Cisco est encore une fois venu à la rescousse de VMware, en adaptant son concept WAAS Wide Area Application Service) qui originellement permet d'accélérer les applications à travers le WAN. Je reviendrais là dessus dans un article dans l'eletter qui sortira la semaine prochaine.
Le keynote de Paul Maritz ce matin a confirmé tout ce qui circulait depuis quelques jours. Alors que les vendeurs d'OS- y compris Red Hat la semaine dernière- aimaient à répéter que l'ère des hyperviseurs, c'était fini, et que VMware était le seul compétiteur du marché à ne pas avoir d'OS. C'est désormais chose faite. VMware met en route un nouveau concept, une sorte de "système d'exploitation d'infrastructure" baptisé Virtual Datacenter Operating System (VDC-OS). Les fonctionnalités annoncées qui font partie de cette vision sont nombreuses, et je reviendrais ces jours prochains sur celles qui auront le plus d'impact. Elles ne seront de toutes les façons pour la plupart pas disponibles avant le premier quarter 2009 au plus tôt. En fait, elles devraient accompagner l'arrivée de ESX 4.0, en test actuellement chez quelques privilégiés. Citons néanmoins la tolérance aux pannes, le thin provisionning, et la déduplication de machines virtuelles (linked clones).
Selon 01net, VMware annoncerait aujourd'hui sa vision de Cloud Computing (déjà amorcée l'an dernier), baptisée vCLoud, qui serait baptisée Virtual Datacenter OS (VDOS).Dans l'article, l'auteur confirme comme je l'annonçais dimanche le switch virtuel (vNetwork Distributed Switch) serait bien annoncé également, mais aussi comme prévu une solution de tolérance de panne VMware Fault Tolerance, de thin provisionning vStorage Côté application, l'offre se structurera avec des vApp et un outil d'administration vStudio. Le tout managé depuis vCenter. L'an dernier Steve Herrod, CTO de VMware, avait annoncé les v Services (vidéo sur son explication) Le salon ouvre ses portes dans un peu plus d'une heure. Paul Maritz devrait dérouler sa vision lors du keynote d'ouverture. A tout de suite.
Sum up in english : Citrix has made a partnership with Marathon Technology to provide High Availibilty and fault tolerance feature to its Xen Server 5.0. One of the missing functionnality to better compete with VMware. Citrix also unveils its strategy on cloud computing, named C3. The Citrix C3 solution integrates “cloud proven” virtualization and networking products that power many of today’s largest Internet and web service providers. This unique combination lets next-generation cloud providers take advantage of the most widely-adopted virtual infrastructure platform for hosted cloud services, as well as the most proven infrastructure to deliver those services reliably and securely to both cloud consumers and enterprise datacenters. The Citrix strategy will focus on equipping both new and existing cloud providers with the infrastructure needed to deliver successful clouds to their customers.
En français : Il manquait à Citrix pas mal de fonctionnalités clés à son XenServer pour être réellement compétitif face à VMware, qui dispose de VMotion, HA et DRS depuis plusieurs années. Citrix a passé un accord avec Marathon technologies, ce qui lui permet de fournir des fonctionnalités HA, et de tolérance de panne (selon Citrix, ce serait unique sur le marché) Comme nous vous l'annoncions il y a deux jours, Citrix profite également de VMworld pour annoncer sa nouvelle stratégie en matière de Cloud Computing, baptisée C3, qui regroupe en fait une grande partie des produits de Citrix, à savoir XenServer, NetScaler, WanScaler, Workflow Studio. Tout à l'heure, à l'ouverture du salon, j'aurais normalement l'occasion de rencontrer Simon Crosby, CTO.
Sur la fonction HA, quelques détails sont donnés dans le communiqué :
XenServer HA is one of the key enhancements of the new Citrix XenServer 5. Unlike other products that charge extra for base-level high availability, XenServer HA provides auto-restart high availability as standard functionality for Citrix XenServer 5 Enterprise and Platinum Edition customers. These customers can deploy base level availability across their enterprise. Citrix selected high availability partner Marathon Technologies due to Marathon's proven expertise in providing award-winning high availability software for Microsoft Windows applications in physical and virtual environments. The two companies’ joint development of XenServer HA creates a seamless integration of XenServer HA and everRun VM. When coupled with everRun VM, Citrix XenServer 5 is the only virtualization platform that lets IT professionals select the right level of availability for each application. XenServer 5 customers who add everRun VM will be able to select three levels of availability. Both the everRun VM availability upgrade for Citrix XenServer 5 customers and the everRun VM bundle (XenServer 5 Enterprise Edition and everRun VM with level 1 and 2 availability) will be available October 30, 2008. For North America, suggested retail pricing is per server: Marathon everRun VM - $2000 Marathon everRun VM with Citrix XenServer 5 Enterprise Edition - $4500
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